FAITES CE QUE JE DIS…..

0

Le 20 mars 2019, la députée Valérie Bazin-Malgras et plusieurs de ses collègues ont déposé une proposition de loi devant l’Assemblée nationale ayant pour objectif d’imposer une identification réelle des utilisateurs des réseaux sociaux.

 

Il est précisé dans l’exposé des motifs :

 

Les réseaux sociaux ont bouleversé notre quotidien. Ils représentent un outil formidable d’expression, de partage et de communication. Mais leurs excès sont à craindre. Tantôt ils perturbent l’expression démocratique par la diffusion d’infox via de faux comptes, tantôt ils déversent leur lot de haine et de langage ordurier d’autant plus inappréciable que les insultes y sont quotidiennes et banalisées.

Il est aisé, avec les réseaux sociaux, de se cacher derrière un pseudonyme pour calomnier et injurier. Les auteurs de cette prose de caniveau peuvent ainsi souiller sans avoir à assumer leurs propos. Le secrétaire général de la CFDT, M. Laurent Berger, affirmait il y a peu sur une grande radio nationale en « avoir assez des gens qui sont derrière les pseudos, et qui insultent à longueur de temps, qui mettent de l’huile sur le feu à longueur de temps ».

Il est nécessaire de responsabiliser ces contributeurs en leur imposant de sortir du confort de l’anonymat. Tel est l’objet de cette proposition de loi.

En effet, le recours aux pseudonymes bénéficie avant tout aux harceleurs et aux militants politiques radicaux qui propagent des arguments politiques erronés ou de fausses informations.

Ainsi, nous considérons que la loi doit faire obligation aux hébergeurs de vérifier l’identité de leurs utilisateurs. C’est ce que prévoit l’article unique de cette proposition de loi.

 

Pourtant l’un des (ex) plus proches conseillers de Monsieur le Président MACRON affirmait, il y a peu de temps que la norme sur les réseaux sociaux était l’anonymat….. notamment lorsqu’il s’agit de propagande politique.

 

Mais alors qui doit montrer pattes blanches et afficher son nom ? Toute personne qui ne veut pas manipuler ?

 

Il faudrait un jour passer à l’âge adulte et ne pas confondre le moyen et l’intention. Il ne sert à rien de focaliser sur le moyen lorsque, en réalité, c’est l’intention qui est condamnable.

 

Au moins si les propositions de lois étaient anonymes ou pseudonymes, elles seraient très certainement moins des réponses immédiates à une actualité et peut être plus réfléchies.

 

Interview de Monsieur Ismaël EMELIEN

 

Guillaume BARDON

Avocat à Tours

Cabinet CM&B AVOCATS ASSOCIES